
A la belle époque, tu pouvais te pointer avec ton balai de cuisine et jouer peinard.
C’est un peu comme le cricket. Quand on a le malheur de placer le mot « curling » dans une conversation, c’est immédiatement le petit sourire en coin, l’oeil qui frise, la blague qui s’apprête à fuser. Mais on oublie un peu vite que, à l’instar du cricket qui est pratiqué par environ 200 millions de personnes dans le monde (environ), le curling compte quand même 273 affiliés en France. C’est pas rien. Et encore ce chiffre date de 2008, vous imaginez l’explosion depuis.
Donc pour ne pas mourir idiot, je vais vous raconter un « end » (une manche quoi) de curling qui aurait pu se passer au Jeux Olympiques d’hiver de Vancouver 2010 : Firmin Ronchail des Contamines-Montjoie est le skip de l’équipe. Avec ses petits bras musclés, il envoie la pierre de 19,96 kilos avec sa poignée inamovible pile poil devant la maison mais pas dedans. Nuance.
Pas con Firmin, il vient de nous faire une belle pierre de garde. Jürgen Dick réplique aussitôt. Il s’élance puissamment pesamment du hack et ne lâche sa pierre qu’à la limite de la Hog Line. C’était juste mais ça passe. La pierre file à la vitesse d’un escargot au galop tandis que deux balayeurs transforment frénétiquement la glace « pelure d’orange » (ou pebble en anglais) en vaseline de compétition. Bingo : la pierre de Jürgen est un parfait « take out », elle va dégommer notre caillou français et se pointe peinard dans la maison, jusqu’au dolly. Damned.
Changement de stratégie pour nos fiers savoyards. C’est Lucien Arvier (il est de Sallanches le bougre, mais on fait comme s’il était des Contamines) qui fait le skip. Ni une, ni deux, il tente un tir (c’est con comme stratégie…) mais la pierre va chasser sur la droite (on vous avait prévenu…). Comme elle est partie, elle va finir en hors-piste.
Heureusement, Lionel et François (rien à voir avec le PS) s’activent avec leurs balais pour faire curler le caillou dans la bonne direction. Mais sur un mauvais mouvement, Yoyo casse son balai (300 euros au Leroy-Merlin de Saint-Gervais, ça fait mal). C’est le drame. L’Equipe de France s’incline face aux bouchers de Garmisch-Partenkirchen. Jürgen Dick exulte. Celui là, il mériterait qu’on lui rappelle qui a gagné la guerre en 45 mais on est fair-play. Après tout, c’est les JO.
Et pour finir… le 18 janvier 1994, Roselyne Moutiers, vous savez, celle du Chalet des Gargoussons à droite, après la croix du vieux Gaspard, avait déclaré au terme du tournoi inter-vallées de Curling 94 : « Si on n’a pas gagné au curling, on peut bien se taper des Curly ! ». Depuis, la blague est restée pour lancer l’apéro post-match.
Et sinon, y’a les explications du curling sur Wikipedia et le site officiel de l’équipe de France mais c’est moins marrant que mon post, faut bien l’avouer.